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Bonjour Morten, de quoi pourrions-nous parler ?
Parlons de souffrance alors.
Bon quel est mon souvenir le plus douloureu x ? Lorsque j’étais jeune, je fantasmais vraiment sur la meilleure amie
de ma soeur, Selina Moore. Le problème c’est que Selina fantasmait
sur toi – donc, pour lui faire croire qu’on avait plein de choses en
commun, je lui ai dit que moi aussi je fantasmais sur toi ce qui m’a
valu de paraître comme le mec de 18 ans ans le plus gay de toute
l’Europe. Et en plus je n’ai jamais réussi à sortir avec elle. J’en
ai encore des cauchemars.
Morten : C’est étonnant que vous puissiez aller aussi loin ! Vous
avez dû apprendre tout au long de votre expérience aussi. Est-ce que
je peux rivaliser avec vous ? en termes de souffrance ?
Oui j’en suis sure.
En revanche je n’ai jamais prétendu être quelqu’un d’autre que moi –
mais je me suis déjà vu comme quelqu’un de très important, j’étais
capable d’aller très loin dans mes rêves, mes capacités et ce dont
je me sentais capable. Mais cela remonte à très loin, quand je
devais avoir 8 ou 10 ans.
J’ai lu une citation dans laquelle vous disiez que vous ne faisiez
que travailler donc vous pouviez vous permettre de vous éloigner
complètement du reste du monde, est ce que c’est vrai
Morten : Non ce n’est pas vrai.
Mais vous avez quand même une image d’ermite. On dirait que le monde
vous a abandonné.
Morten : Ah bon
?
Haha.
Ouais mais ça dépend après quoi le monde court alors. Si on est
vraiment intéressé par quelque chose de réel, alors oui je serai là.
Mais les gens peuvent uniquement se rapprocher de moi par
l’intermédiaire de la musique – C’est là ou l’on a la possibilité de
vivre les mêmes choses
On dit de vous que
vous n’écoutez pas la musique d’autres artistes, c’est vrai ?
Morten: En effet je n’écoute pas de musique,
ni même ma musique d’ailleurs !
Alors vous comprenez les gens qui eux écoutent de la musique ?
Morten: Evidemment mais je fais aussi le
choix de ne pas rentrer dans ce processus parce que je ne veux pas
être inondé par quelque chose de conditionné à l’avance. J’ai besoin
que tous mes sens restent intacts et disponibles. Je travaille avec
la musique parce que ça a quelque chose de captivant et de
fascinant. Tout se passe au niveau spirituel et j’ai besoin de ça.
Si j’écoutais de la musique tout le temps je perdrai cette sensation
profonde.
Etes-vous difficile lorsque vous écrivez ? Jusqu’à quel niveau de
difficulté as-tu atteint avec Paul et Magne
Morten: Ce n’est pas si difficile – mais ils
sont déjà assez exigents envers eux-mêmes. Quelques fois, je refuse
de chanter certaines choses – cela arrive – mais uniquement parce
que je sens que je ne suis pas la bonne personne pour chanter ces
chansons. S’ils ne me guident pas, je ne sais pas quoi faire avec la
chanson. Lorsqu’une chanson me fait vibrer c’est parce que je l’ai
dans la peau et qu’elle signifie quelque chose pour moi. Je me
contente de la comprendre, intuitivement et j’y réponds à ma
manière. Je sais instinctivement si je suis capable de lui donner
des ailes ou pas.
Vous n’avez écrit que 2 chansons sur le nouvel album.
Avez-vous insisté là-dessus ?
Morten: Nan Je ferai un album solo – C’est
le meilleur environnement pour les chansons que j’écris. Alors que
les chansons soient sur les albums de a-ha ou pas n’a pas de réelle
importance pour moi. En fait je m’en fiche. Tout ce qui m’importe
c’est la façon dont je m’implique dans la musique ,de trouver la
meilleure manière d’utiliser mes capacités – mais ça peut être dans
n’importe quel domaine.
Pensez-vous que votre voix est vraiment belle ? Je pense que
quelqu’un pourrait s’asseoir et affirmer de manière évidente que
vous avez la plus belle voix enregistrée dans un certain genre de
musique.
Ce
serait un sujet que l’on pourrait débattre.
Morten: Ca se défend en effet…Ca me va
parce que c’est quelque chose de très personnel. Mais certaines
choses plus que d’autres ont tendance à interpeller davantage un
plus grand nombre de personnes sur un même niveau. Il existe un
langage commun pour tout le monde et si vous pouvez chanter de telle
sorte que tout le monde ait cette voix ou cette chanson dans la
peau, alors oui c’est un langage commun.
Et
cela existe vraiment.
J’étais au concert de Wembley en décembre
dernier, et c’était vraiment étonnant de voir autant d’amour entre
le public et vous.
Pensez-vous que
vous pourriez un jour gâcher tout ça ?
Morten: Je devrais avoir à les décevoir sur
un plan humain. Mais il n’y a aucune raison que cela arrive. Je suis
qui je suis, et je ne pourrai pas les décevoir à ce niveau là, tout
simplement. Ces personnes – et je suis au milieu d’elles – croient
que je suis plutôt comme ceci ou comme cela. Il ont leur propre
ressenti, ils pensent me connaître, et ils auraient raison ce
niveau là
Est ce que vous devez faire très attention à votre image à cause
de ça ?
Morten: Et bien, regardez ce qui est arrivé
aux Beatles aux Etats Unis. Lorsque John Lennon a déclaré que les
Beatles étaient plus grands que Jésus. Sa déclaration n’était pas
délirante, c’était un commentaire qui pouvait être fait à juste
titre si on avait compris le vrai sens de sa phrase. Mais
soudainement cette phrase a fait que les gens l’ont regardé
différemment après ça, il y a eu des réactions brutales et il n’a
rien pu faire.
Est-ce que vous vous souciez de ce qui pourrait vous arriver un
jour ?
Morten: Non ça ne m’inquiète aucunement et
cela n’a jamais été le cas. Je vaux certainement beaucoup plus que
tout ce que vous avez pu voir de moi.
On espère tous être meilleurs que ce que l’on perçoit de nous…
Morten: Non, je le suis vraiment, je le sais.
Je m’assois et je
le dis. Et les gens qui vont me lire se diront “ehh réveillez vous,
y a t’il une parcelle d’humilité en vous ?” Il y a beaucoup de
vérité mais en fait je sais que je vaux plus que tout ça. Mes
capacités sont tellement supérieures à tout ce que vous voyez. Mais
je sais également que les capacités de chacun sont tellement
supérieures que ce que nous imaginons. C’est en moi tout ça. Si je
m’éloigne de la foule, c’est justement parce que je suis conscient
de mes capacités et je sais y répondre.
Je
l’accepte et j’en fais quelque chose.
C’est à ce niveau
que jme sens essentiellement différent de l’homme commun.
Comment arrive
t’on à atteindre ces capacités ?
Morten: Tout d’abord, en laissant les choses arriver, savoir recevoir
et accepter que les choses se fassent d’elles mêmes. Ce n’est pas un
processus actif, c’est quelque chose de passif en soi. Vous savez
tellement plus de choses que vous n’en êtes conscients. Dans mon
cas, je savais – que vous le croyiez ou non – j’étais persuade que
je deviendrai une star internationale quand j’avais 17 ans. Et c’est
arrivé presque 10 ans après. Je n’ai jamais contrôlé ceci, c’était
juste présent. Ca m’excitait énormément et j’étais impatient que
cela arrive. Je n’en ai jamais douté un seul instant.
Mais les choses ne se déroulent pas toujours comme nous l’avons
planifié, n’est ce pas ? quelque soit le degré de confiance en soi…
Morten : Et bien il y a certaines choses que je sais, mais la vraie
question que je me pose est : pourquoi est ce que je le sais ? Et
pourquoi est ce que tout ce que je sais finit toujours par arriver ?
Es tu clairvoyant ? Est-ce que vois le futur ?
Mais la question qui vient à l’esprit, c’est qu’est ce que le futur
? Doit on réfléchir au temps qui passe ?
Est ce que le temps existe vraiment ? D’après Einstein , le temps
n’existe pas.
Et donc s’il n’existe pas, si on a juste la perception du temps,
alors tous les principes sur le passé et le futur ne sont plus
valables.
Vous souhaitez juste que les choses arrivent?
Morten : Oui il y a des évènements dont j’ai vraiment souhaité
qu’ils arrivent. Et j’ai testé le processus. J’ai testé si oui ou
non je pouvais décider par moi-même ce qui aller arriver. Sans
espérer ni le souhaiter, juste avoir l’idée en tête. C’est un peu
comme une programmation. « Vouloir » n’est pas le mot exact – c’est
plus comme décider du chemin que tu vas prendre. Et voir les choses
arriver l’une après l’autre était vraiment effrayant.
Etes-vous une personne très disciplinée dans votre manière de
vivre ? votre régime, ou vos habitudes quotidiennes ?
Morten : Oui je le suis. Je suis devenu stricte sur
certaines choses. J’ai de plus en plus conscience de ce qui
fonctionne pour moi, et j’y réponds. Je sais de mieux en mieux
écouter mon propre moi et mes besoins. Il faut savoir enregistrer ce
qui vous arrive – et ne pas les laisser flotter trop longtemps, mais
savoir s’ en préoccuper. C’est agréable d’être un simple passager
mais il faut aussi rester en alerte et posé. C’est d’ailleurs comme
ça que tu écris. L’écriture n’est pas vraiment un process actif mais
plutôt semi-passif. Tu laisses les choses venir. Ce n’est pas
quelque chose d’excentrique, il faut beaucoup de discipline.
Si tu as besoin de cet état pour écrire de la musique, est ce que
c’est le même processus pour écouter de la musique ? Et si on est
pas nous mêmes dans cet état, est ce que tu penses que tu as le
public que tu mérites vraiment ?
Morten : Je pense que j’ai toujours eu le public que je méritais. En
revanche je ne pense pas que les gens écoutent la musique qu’ils
méritent. Mais je ne pense pas que les gens soient suffisamment en
alerte pour écouter ce que je dis. Tu envoies des signaux par
l’intermédiaire de ce que tu fais – et les gens en font ce qu’ils
veulent. Ceux qui sont dans le bon état d’esprit prendront en compte
ces signaux. En général le monde n’est pas vraiment là – beaucoup de
nos activités sont sujettes à nos peurs et c’est justement comme
cela que l’on avance
Donc tu préfèrerais avoir moins de gens qui écoutent a-ha mais
avoir un meilleur public ? un public plus averti ?
Morten : Non pas vraiment. Il n’y a pas de public meilleur ou pire.
Vous pouvez gagner n’importe qui parce que ce vous faîtes. Mais cela
aura un impact plus fort sur certaines personnes et ils s’en
serviront d’une manière positive. – émotionnellement ou
psychologiquement. Ou bien ils s’en serviront pour atteindre leur
petite amie ! C’est juste une question de rester vivant envers
toi-même.
traduit par Marie Lagache
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