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par Simon Thompson
:
Morten
Harket a représenté une icône en poster pour toute une génération de
filles hystériques. Aujourd’hui, 21 ans après leur premier hit,
Morten et les autres membres du groupe, Magne Furuholmen et Paal
Waaktaar sont de retour. Et une fois encore, ils deviennent
l’effigie d’une nouvelle génération, mais cette fois-ci ce sont les
enfants de ces adolescents des années 80.
Morten, à 46 ans, paraît toujours aussi jeune, toujours bien
habillé, mais qui, maintenant, a d’innombrables souvenirs sur tout
la planète, grâce à une carrière internationale qui l’a emmené de
Oslo à New York, Londres ou Sesame Street. Pourtant, les choses
auraient pu se dérouler autrement. Morten a étudié la théologie mais
a vite arrêté ses cours après la première année pour se consacrer à
la musique. En 1983, Il rejoint Magne et Paul, et ils créent le
groupe A-ha. La vidéo de “Take on me” a littéralement secoué le
monde entier et a propulsé le single à la première place des charts
aux US, faisant d’eux le premier groupe norvégien à avoir atteint un
tel succès.
Cependant, Morten ce n’est pas juste une icône musicale. Tout au
long des années, il s’est essayé à un travail de protection de
l’environnement, au métier d’acteur, en passant par la peinture et
l’élevage d’orchidées. En 2005, est sorti le 8è album studio de A-ha,
« Analogue »
Morten nous confesse : "C’est très différent maintenant. Nous avons
signé avec Universal, c’est nouveau pour nous et cela change un
certain nombre de choses. Dans un certain sens, cela nous donne
l’occasion de redémarrer à zéro. Au sein du groupe, l’ambiance
change également et le processus évolue. Il existe tellement de
variantes entre nous 3 et nous sommes stimulés par une très forte
énergie qui se libérer lorsque nous jouons ensemble ».
Il admet même qu’il est encore plus excité de ce qui peut se passer
dans le futur pour le groupe, qu’au sommom de leur popularité, dans
les années 80. Il révèle : C’est plus facile pour nous aujourd’hui
parce que nous savons qui nous sommes. Et j’aime le fait qu’on est
capable de voir les choses différemment. Ce que je trouve
intéressant dans la vie c’est qu’on puisse changer d’avis et
d’humeur et que rien ne reste statique finalement. Vous devez
jongler avec cela et y répondre. Cela peut être très motivant et
intéressant de suivre ces évolutions”
Et comme Morten l’explique à Simon Thompson lors de leur rencontre
dans un bar à la mode du quartier Soho de Londres pour boire un
verre, le groupe ne prend jamais les choses comme acquises et il
n’oublie pas pourquoi ils sont toujours là.
Lorsque vous êtes
revenus sur le devant de la scène, est ce que vous vous attendiez à
avoir toujours autant de fans?
Dans un sens cela a été une grande surprise parce que nous ne nous
attendions vraiment pas à cela. Les gens grandissent et aiment
d’autres choses au cours de leur vie. C’est vraiment très chaleureux
pour nous. On fait toujours de la musique, donc quelque que soit le
moment où les gens tombent sur nous, ils trouveront toujours le même
son. E t aussi longtemps qu’ils seront là ca sera super. Nous avons
également récupéré de nombreux nouveaux fans mais nous n’avons pas
changé pour autant.
Vous êtes toujours
au top depuis 20 ans et vous continuez à faire des tubes.
Vous
auriez pu prévoir tout ça ?
Oui et non.
Tout cela c’est parce que nous ne sommes pas vraiment un groupe mais
3 individus qui écrivent, jouent et chantent de la musique. Il n’y a
rien de tapageur, donc ça n’a pas vraiment de date. Nous n’avons
jamais essayé d’entre dans une tendance, ou de suivre une mode. Si
les gens ont toujours envie d’acheter nos disques après 20 ans alors
c’est génial. Si c’est pas le cas, alors tant pis. Nous n’avons
jamais été des artistes qu mettent le feu sur scène, nous sommes
avant tout des musiciens. Robbie Williams sait comment divertir le
public sur scène, et il le fait très bien. Nnous jouons uniquement
notre musique
Vos concerts sont
assez basiques en effet. Vous montez sur scène, jouez vos chansons
et rentrez chez vous…
Parce que nous sommes comme ça et c’est que les gens attendent de
nous.
Pour nous, le concert doit être honnête et reel. C’est pour cela que
nous sommes là.
Lorsque nous sommes revenus ensemble, nous ne l’avions pas prévu.
C’est juste arrivé, nous nous sommes revu et voilà.
Nous ne cherchons absolument pas à reproduire l’ambiance des années
80 à travers la musique que nous écrivons aujourd’hui. Les gens qui
ont aimé ce nous faisions à cette période peuvent aussi ne pas aimer
ce qu’on fait aujourd’hui et vice versa. Il n’y a pas de différence
entre ce que nous faisions et ce que l’on fait aujourd’hui, on a
juste un peu vieilli.
En regardant en
arrière, qu’est ce que vous pensez aujourd’hui de votre 1er album?
Le 1er album est sorti lorsque nous avons réussi à nous faire
entendre en Angleterre, et au moment où, nous avons été pris en
charge par des gens qui, dans l’industrie, ont considéré le groupe
comme un groupe jeunes garçons qui attendaient de vendre comme du
chocolat. Notre musique était beaucoup plus influencée par les
tendances extérieures. On se devait de suivre ce que la maison de
disques attendait de nous. Le 2è album a été l’album le plus affecté
mais nous en sommes toujours très fiers ainsi que du succès qu’il
nous a rapporté.
Si vous aviez
sorti le 2è album en premier, est ce que vous pensez que les choses
se seraient passées différemment?
Nan je pense que ça aurait été la même chose mais on n’aurait pas
explosé comme on l’a fait. Le processus aurait juste été plus lent.
Cela nous aurait donné la capacité d’entrer sur scène à un certain
niveau et travailler à ce niveau. Telles que les choses sont
arrivées, on est entré directement au sommet des charts et nous
avons dû travailler très dur pour y rester.
Mais le fait
d’être 3 mecs très mignons ne vous a pas gâché vos chances de
réussir, n’est ce pas?
C’est vrai mais a-ha n’a pas besoin d’être sur les murs ou sur des
posters pour se faire remarquer. Nous avons le look que nous avons
mais nous n’avons jamais voulu apparaître comme des pin-ups mais
c’est quand même arrivé. On ne peut pas dire non plus que les médias
nous ont créé de toutes pièces. Ils ont simplement pris ce qui était
sur le marché et l’ont transformé en ce qu’ils ont voulu en faire.
Votre image de sex
symbol vous a t’elle contrarié?
Non. C’est comme ça. Je m’en fiche.
Cela fait partie du jeu. Cela ne me dérange pas de savoir que les
gens me voient toujours comme ça mais je ne rentre pas dans ce jeu.
C’est flatteur mais …je sais aussi que tout aurait été plus facile
pour nous si je n’avais pas été considéré comme un sex symbol. Il y
avait tellement de pression autour de nous afin de ne louper aucune
opportunité. Pour être honnête, la maison de disques ne savait pas
comment s’y prendre avec nous parce que nous avions tellement de
potentiel en nous et nous en avons toujours, et c’est une raison des
raisons pour laquelle nous avons pu durer. Cela a joué en notre
avantage. C’est pourquoi nous pouvons nous permettre, aujourd’hui,
de revenir jouer et de remplir des salles en Angleterre sans même
sortir un disque. Nous avons pu faire une tournée il y a quelques
années alors que nous n’avions pas sorti de disque en Angleterre
depuis des années.
Vous deviez être
vraiment heureux.
Oui, nous l’étions.
Nous avons joué au Royal Albert Hall alors que nous n’avions pas
joué en Grande Bretagne depuis des années et il n’y avait pas un
seul siège de libre dans la sale. C’était vraiment étonnant. La
maison de disques ne nous avait pas soutenu pour les promotions ou
les concerts.
On ne passait même pas à la radio. Cela nous a vraiment surpris et
touché.
Au départ on pensait que ça marcherait qu’une seule fois mais on
nous a conseillé de rester donc nous avons joué à Wembley. Nous
avons pensé tout de suite que ce serait de la folie mais 11,000
personnes étaient là. Ce genre de choses n’arrive pas uniquement
parce qu’une adolescente a acheté un poster et l’a collé au mur en
1985. C’est beaucoup plus profond que ça, et nous l’apprécions
énormément.
Est ce qu’il y a
quelque chose qui vous déplait dans le fait d’être célèbre ?
Toute cette agitation autour de nous.
Ca te bouffe tout ton temps et ton espace privé.
Etre sans cesse entouré de gens qui veulent être aux petits
soins…Tout ce que nous souhaitons c’est faire plaisir à nos fans en
jouant notre musique. IL n’y a vraiment pas besoin de tout de toute
cette fantaisie.
Quels ont été les
moments forts de votre carrière et à l’inverse les moments plus
difficiles?
Le seul moment difficile c’est quand j’ai eu l’impression d’avoir
perdu mon temps et loupé d’autres occasions. Je ne pense pas à une
occasion en particulier, même après 20 ans. Les moments forts, c’est
de sentir l’accueil chaleureux des gens, notamment sur un plan
individuel. Chaque fan a sa propre histoire, chacun veut retenir
quelque chose d’un concert, d’un disque ou d’une rencontre avec
nous. On ne joue jamais pour une foule, on essaie toujours de
personnaliser et avoir un retour est quelque chose que j’apprécie
beaucoup. J’aime le fait que les fans aiment ce que nous aimons
aussi.
Est ce qu’un fan a
déjà fait quelque chose de vraiment bizarre?
Le mot étrange est relatif mais il y a un mec que j’avais rencontré
quand j’étais au fin fond de l’Amazonie dans un village d’or minier.
Il a fait en sorte qu’il me ressemble dans les moindres détails,
vraiment dans les moindres détails. Mais il ne s’est pas arrêté là
puisque quand il m’a rencontré il est devenu complètement dingue. Il
s’est sauvé dans la jungle. Puis il est revenu et nous avons bavardé
au bar qu’il tenait puisqu’il m’avait invité avec un ami à moi à
consommer gratuitement un soir, bien qu’il a fini par nous envoyer
quand même la facture plus tard ! Il n’arrêtait pas de me dire “tu
es le meilleur, tu es le meilleur”. Il s’arrêtait au milieu de ses
phrases pour me dire que j’étais génial. Son anglais était très
mauvais parce qu’il avait appris la langue qu’à travers les vieilles
chansons de a-ha à la radio. Donc tout son vocabulaire venait de nos
paroles de chansons. Il sortait également avec une fille qui était
une de mes grandes fans et elle était avec lui uniquement parce
qu’il s’habillait comme moi. Puis elle l’a quitté et il est sorti
avec une autre fille qui elle aussi était fan de a-ha mais qui était
aveugle, donc elle n’a jamais pu voir l’aspect qu’il s’était donné
pour me ressembler.
Ils ont fini par se marier. C’était vraiment super bizarre comme
histoire.
Est ce qu’il y a
une chanson ou un album dont tu sois particulièrement fier?
Non pas vraiment. Elles ont toutes une histoire, elles ont toutes
leurs points forts et leurs points faibles. Certaines ont atteint le
niveau qu’elles devaient avoir d’autres pas, mais ça ne veut pas
dire non plus qu’on ne les aime pas. Chaque chanson et chaque album
ont leur signification dans notre carrière et toutes les chansons
ont eu leur moment de gloire. Donc choisir une chanson comme ça
c’est vraiment impossible.
Vous avez
participé à la musique du film ‘The Living Daylights’, mais si on
vous demandait de faire une autre chanson pour un James Bond, vous
le feriez ?
On adorerait mais il aurait fallu être plus clair dans ce qu’on
attendait de nous. La dernière fois, le réalisateur du film nous
attendait à la projection de la première à Londres mais on nous
l’avait pas vraiment dit clairement et nous étions en pleine tournée
au Japon donc c’était impossible qu’on puisse venir à Londres. Pour
eux c’était pas possible qu’on ne soit pas là donc ça a tourné au
vinaigre parce que tout le monde se demandait pour quelle raison le
groupe qui avait écrit la BO n’était pas présent à la première.
Certaines personnes ont déclaré à tort que nous n’en avions rien à
faire, mais c’était faux. On aurait dû être là et nous avions envie
d’être là mais on ne pouvait pas annuler des concerts au Japon et
décevoir nos fans. Cela n’aurait pas été correct vis-à-vis d’eux.
Mais on aimerait beaucoup réécrire pour un James Bond. Ce serait un
honneur.
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