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FORUM

Interview de Morten pour FemaleFirst.co.uk

28.04.06

(traduit par Marie Lagache pour mortenharket-fr)

par Simon Thompson : Morten Harket a représenté une icône en poster pour toute une génération de filles hystériques. Aujourd’hui, 21 ans après leur premier hit, Morten et les autres membres du groupe, Magne Furuholmen et Paal Waaktaar sont de retour. Et une fois encore, ils deviennent l’effigie d’une nouvelle génération, mais cette fois-ci ce sont les enfants de ces adolescents des années 80.

Morten, à 46 ans, paraît toujours aussi jeune, toujours bien habillé, mais qui, maintenant, a d’innombrables souvenirs sur tout la planète, grâce à une carrière internationale qui l’a emmené de Oslo à New York, Londres ou Sesame Street. Pourtant, les choses auraient pu se dérouler autrement. Morten a étudié la théologie mais a vite arrêté ses cours après la première année pour se consacrer à la musique. En 1983, Il rejoint Magne et Paul, et ils créent le groupe A-ha. La vidéo de “Take on me” a littéralement secoué le monde entier et a propulsé le single à la première place des charts aux US, faisant d’eux le premier groupe norvégien à avoir atteint un tel succès.

Cependant, Morten ce n’est pas juste une icône musicale. Tout au long des années, il s’est essayé à un travail de protection de l’environnement, au métier d’acteur, en passant par la peinture et l’élevage d’orchidées. En 2005, est sorti le 8è album studio de A-ha, « Analogue »

Morten nous confesse : "C’est très différent maintenant. Nous avons signé avec Universal, c’est nouveau pour nous et cela change un certain nombre de choses. Dans un certain sens, cela nous donne l’occasion de redémarrer à zéro. Au sein du groupe, l’ambiance change également et le processus évolue. Il existe tellement de variantes entre nous 3 et nous sommes stimulés par une très forte énergie qui se libérer lorsque nous jouons ensemble ».

Il admet même qu’il est encore plus excité de ce qui peut se passer dans le futur pour le groupe, qu’au sommom de leur popularité, dans les années 80. Il révèle : C’est plus facile pour nous aujourd’hui parce que nous savons qui nous sommes. Et j’aime le fait qu’on est capable de voir les choses différemment. Ce que je trouve intéressant dans la vie c’est qu’on puisse changer d’avis et d’humeur et que rien ne reste statique finalement. Vous devez jongler avec cela et y répondre. Cela peut être très motivant et intéressant de suivre ces évolutions”

Et comme Morten l’explique à Simon Thompson lors de leur rencontre dans un bar à la mode du quartier Soho de Londres pour boire un verre, le groupe ne prend jamais les choses comme acquises et il n’oublie pas pourquoi ils sont toujours là.

Lorsque vous êtes revenus sur le devant de la scène, est ce que vous vous attendiez à avoir toujours autant de fans?

Dans un sens cela a été une grande surprise parce que nous ne nous attendions vraiment pas à cela. Les gens grandissent et aiment d’autres choses au cours de leur vie. C’est vraiment très chaleureux pour nous. On fait toujours de la musique, donc quelque que soit le moment où les gens tombent sur nous, ils trouveront toujours le même son. E t aussi longtemps qu’ils seront là ca sera super. Nous avons également récupéré de nombreux nouveaux fans mais nous n’avons pas changé pour autant.

Vous êtes toujours au top depuis 20 ans et vous continuez à faire des tubes. Vous auriez pu prévoir tout ça ?

Oui et non. Tout cela c’est parce que nous ne sommes pas vraiment un groupe mais 3 individus qui écrivent, jouent et chantent de la musique. Il n’y a rien de tapageur, donc ça n’a pas vraiment de date. Nous n’avons jamais essayé d’entre dans une tendance, ou de suivre une mode. Si les gens ont toujours envie d’acheter nos disques après 20 ans alors c’est génial. Si c’est pas le cas, alors tant pis. Nous n’avons jamais été des artistes qu mettent le feu sur scène, nous sommes avant tout des musiciens. Robbie Williams sait comment divertir le public sur scène, et il le fait très bien. Nnous jouons uniquement notre musique  

Vos concerts sont assez basiques en effet. Vous montez sur scène, jouez vos chansons et rentrez chez vous…

Parce que nous sommes comme ça et c’est que les gens attendent de nous. Pour nous, le concert doit être honnête et reel. C’est pour cela que nous sommes là. Lorsque nous sommes revenus ensemble, nous ne l’avions pas prévu. C’est juste arrivé, nous nous sommes revu et voilà. Nous ne cherchons absolument pas à reproduire l’ambiance des années 80 à travers la musique que nous écrivons aujourd’hui. Les gens qui ont aimé ce nous faisions à cette période peuvent aussi ne pas aimer ce qu’on fait aujourd’hui et vice versa. Il n’y a pas de différence entre ce que nous faisions et ce que l’on fait aujourd’hui, on a juste un peu vieilli.  

En regardant en arrière, qu’est ce que vous pensez aujourd’hui de votre 1er album?

Le 1er album est sorti lorsque nous avons réussi à nous faire entendre en Angleterre, et au moment où, nous avons été pris en charge par des gens qui, dans l’industrie, ont considéré le groupe comme un groupe jeunes garçons qui attendaient de vendre comme du chocolat. Notre musique était beaucoup plus influencée par les tendances extérieures. On se devait de suivre ce que la maison de disques attendait de nous. Le 2è album a été l’album le plus affecté mais nous en sommes toujours très fiers ainsi que du succès qu’il nous a rapporté.  

Si vous aviez sorti le 2è album en premier, est ce que vous pensez que les choses se seraient passées différemment?

Nan je pense que ça aurait été la même chose mais on n’aurait pas explosé comme on l’a fait. Le processus aurait juste été plus lent. Cela nous aurait donné la capacité d’entrer sur scène à un certain niveau et travailler à ce niveau. Telles que les choses sont arrivées, on est entré directement au sommet des charts et nous avons dû travailler très dur pour y rester.

Mais le fait d’être 3 mecs très mignons ne vous a pas gâché vos chances de réussir, n’est ce pas?

C’est vrai mais a-ha n’a pas besoin d’être sur les murs ou sur des posters pour se faire remarquer. Nous avons le look que nous avons mais nous n’avons jamais voulu apparaître comme des pin-ups mais c’est quand même arrivé. On ne peut pas dire non plus que les médias nous ont créé de toutes pièces. Ils ont simplement pris ce qui était sur le marché et l’ont transformé en ce qu’ils ont voulu en faire.

Votre image de sex symbol vous a t’elle contrarié?

Non. C’est comme ça. Je m’en fiche. Cela fait partie du jeu. Cela ne me dérange pas de savoir que les gens me voient toujours comme ça mais je ne rentre pas dans ce jeu. C’est flatteur mais …je sais aussi que tout aurait été plus facile pour nous si je n’avais pas été considéré comme un sex symbol. Il y avait tellement de pression autour de nous afin de ne louper aucune opportunité. Pour être honnête, la maison de disques ne savait pas comment s’y prendre avec nous parce que nous avions tellement de potentiel en nous et nous en avons toujours, et c’est une raison des raisons pour laquelle nous avons pu durer. Cela a joué en notre avantage. C’est pourquoi nous pouvons nous permettre, aujourd’hui, de revenir jouer et de remplir des salles en Angleterre sans même sortir un disque. Nous avons pu faire une tournée il y a quelques années alors que nous n’avions pas sorti de disque en Angleterre depuis des années.

Vous deviez être vraiment heureux.

Oui, nous l’étions. Nous avons joué au Royal Albert Hall alors que nous n’avions pas joué en Grande Bretagne depuis des années et il n’y avait pas un seul siège de libre dans la sale. C’était vraiment étonnant. La maison de disques ne nous avait pas soutenu pour les promotions ou les concerts. On ne passait même pas à la radio. Cela nous a vraiment surpris et touché. Au départ on pensait que ça marcherait qu’une seule fois mais on nous a conseillé de rester donc nous avons joué à Wembley. Nous avons pensé tout de suite que ce serait de la folie mais 11,000 personnes étaient là. Ce genre de choses n’arrive pas uniquement parce qu’une adolescente a acheté un poster et l’a collé au mur en 1985. C’est beaucoup plus profond que ça, et nous l’apprécions énormément.

Est ce qu’il y a quelque chose qui vous déplait dans le fait d’être célèbre ?

Toute cette agitation autour de nous. Ca te bouffe tout ton temps et ton espace privé. Etre sans cesse entouré de gens qui veulent être aux petits soins…Tout ce que nous souhaitons c’est faire plaisir à nos fans en jouant notre musique. IL n’y a vraiment pas besoin de tout de toute cette fantaisie.

Quels ont été les moments forts de votre carrière et à l’inverse les moments plus difficiles?

Le seul moment difficile c’est quand j’ai eu l’impression d’avoir perdu mon temps et loupé d’autres occasions. Je ne pense pas à une occasion en particulier, même après 20 ans. Les moments forts, c’est de sentir l’accueil chaleureux des gens, notamment sur un plan individuel. Chaque fan a sa propre histoire, chacun veut retenir quelque chose d’un concert, d’un disque ou d’une rencontre avec nous. On ne joue jamais pour une foule, on essaie toujours de personnaliser et avoir un retour est quelque chose que j’apprécie beaucoup. J’aime le fait que les fans aiment ce que nous aimons aussi.

Est ce qu’un fan a déjà fait quelque chose de vraiment bizarre?

Le mot étrange est relatif mais il y a un mec que j’avais rencontré quand j’étais au fin fond de l’Amazonie dans un village d’or minier. Il a fait en sorte qu’il me ressemble dans les moindres détails, vraiment dans les moindres détails. Mais il ne s’est pas arrêté là puisque quand il m’a rencontré il est devenu complètement dingue. Il s’est sauvé dans la jungle. Puis il est revenu et nous avons bavardé au bar qu’il tenait puisqu’il m’avait invité avec un ami à moi à consommer gratuitement un soir, bien qu’il a fini par nous envoyer quand même la facture plus tard ! Il n’arrêtait pas de me dire “tu es le meilleur, tu es le meilleur”. Il s’arrêtait au milieu de ses phrases pour me dire que j’étais génial. Son anglais était très mauvais parce qu’il avait appris la langue qu’à travers les vieilles chansons de a-ha à la radio. Donc tout son vocabulaire venait de nos paroles de chansons. Il sortait également avec une fille qui était une de mes grandes fans et elle était avec lui uniquement parce qu’il s’habillait comme moi. Puis elle l’a quitté et il est sorti avec une autre fille qui elle aussi était fan de a-ha mais qui était aveugle, donc elle n’a jamais pu voir l’aspect qu’il s’était donné pour me ressembler. Ils ont fini par se marier. C’était vraiment super bizarre comme histoire.  

Est ce qu’il y a une chanson ou un album dont tu sois particulièrement fier?

Non pas vraiment. Elles ont toutes une histoire, elles ont toutes leurs points forts et leurs points faibles. Certaines ont atteint le niveau qu’elles devaient avoir d’autres pas, mais ça ne veut pas dire non plus qu’on ne les aime pas. Chaque chanson et chaque album ont leur signification dans notre carrière et toutes les chansons ont eu leur moment de gloire. Donc choisir une chanson comme ça c’est vraiment impossible.  

Vous avez participé à la musique du film ‘The Living Daylights’, mais si on vous demandait de faire une autre chanson pour un James Bond, vous le feriez ?

On adorerait mais il aurait fallu être plus clair dans ce qu’on attendait de nous. La dernière fois, le réalisateur du film nous attendait à la projection de la première à Londres mais on nous l’avait pas vraiment dit clairement et nous étions en pleine tournée au Japon donc c’était impossible qu’on puisse venir à Londres. Pour eux c’était pas possible qu’on ne soit pas là donc ça a tourné au vinaigre parce que tout le monde se demandait pour quelle raison le groupe qui avait écrit la BO n’était pas présent à la première. Certaines personnes ont déclaré à tort que nous n’en avions rien à faire, mais c’était faux. On aurait dû être là et nous avions envie d’être là mais on ne pouvait pas annuler des concerts au Japon et décevoir nos fans. Cela n’aurait pas été correct vis-à-vis d’eux. Mais on aimerait beaucoup réécrire pour un James Bond. Ce serait un honneur.

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