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Vous êtes très engagé dans la protection de la nature notamment dans
la recherche de sources énergétiques
alternatives
et la protection de la foret amazonienne. Dans une chanson, vous dites
“Never Turn Your Back On Mother Earth”: pensez-vous que Mère Nature est
en train de se retourner contre les humains après des siècles d’abus, de
gaspillage et de manqué de respect, quand on voit les catastrophes
naturelles en Asie, au Pakistan, en Floride et les inondations en Europe
?
C’est dur à dire car quand on regarde ce qu’on appelle les “catastrophes
naturelles”, je ne crois pas que quiconque sache s’il s’agit de
conséquences de nos agissements envers l’environnement, ou si c’est le
mauvais passage d’un cycle, ou une évolution naturelle. Parce que la
Terre, d’une perspective géologique, vit sa propre vie et ne s’occupe
pas tellement de que nous faisons… mais une fois fait ce constat, il y a
des preuves nombreuses de problèmes qui sont très dérangeants et la
plupart sont inquiétants. Le problème c’est que les décideurs gèrent de
l’argent, ils doivent se reposer sur des faits concrets, des preuves.
Regarde juste comment la circulation est régulée. Personne n’est prêt a
dépenser de l’argent pour changer la manière dont est gouvernée une
région, tant que tu n’as pas eu assez de vies perdues qui prouvent que
le système est mal fait. Et c’est ainsi que la société semble
fonctionner. Tu as besoin de tellement de preuves solides que ça en
devient dangereux et que ce sera trop tard pour certains.
Et c’est vraiment inquiétant. Ma principale préoccupation est la
stupidité de notre interaction avec la vie. On ne devrait pas avoir
besoin d’aller jusqu’à ces visions inquiétantes de désastre pour
changer. Il suffit de regarder le sens des choses, ce qui est rationnel
et a du sens.
Quand tu regardes de quelle façon la vie, la nature se gère, c’est
évident que la diversité est une des clés . La vie a elle-même choisi la
diversité, c’est partout et il y a une raison derrière cela et nous,
nous nous tournons vers une culture unique. Tout ce que nous avons à
faire c’est de regarder la nature, la vie. La diversité est un élément
central pour notre survie dans une perspective à long terme. Que ce soit
en affaire, en politique, en société, dans la nature, à tous les
niveaux, la diversité est centrale pour la flexibilité d’un organisme.
Elle est essentielle pour sa faculté à absorber et répondre. Dans une
société qui n’est pas multi culturelle, tu n’as pas de flexibilité. Et
quand ça casse…. Ça casse totalement Et c’est ce qui arrive toujours. On
n’a plus besoin de l’apprendre une fois qu’on le sait. C’est une de mes
observations principales.
L’autre chose que nous savons, ‘cest que pour que quelque chose
s’épanouisse, il faut certaines conditions, et quand quelque chose ou
quelqu’un s’épanouit, il produit mieux. Alors de quoi avons-nous besoin
pour que la population mondiale s’épanouisse ? Il y a des réponses très
simples à cela : le respect et l’égalité de chacun vis-à-vis de l’autre.
Le manque d’égalité et de respect basique est un des éléments les plus
dangereux dans le monde. Alors aujourd’hui tout est masqué par le
pouvoir… et ce qu’il a derrière ce pouvoir c’est la peur et on laisse la
peur contrôler beaucoup des choses que nous faisons. Or de qui ou quoi
avons-nous peur ? Juste nous-mêmes, c’est un problème de communication.
Alors que de lire les signaux (envoyés par les autres) n’est pas si
compliqué.
Dans votre travail en solo, notamment vos albums en norvégiens, vous
avez explore la religion et la spiritualité. Essayez-vous de les
introduire dans a-ha ?
Je suis ce que je suis. Je réponds à ce que je fais. Si c’est là, et
bien ça fera partie des choses que j’amène à A Ha. Je n’ai pas vraiment
un plan ou un agenda, je ne fais que répondre avec moi-même. Et si on
retourne la question : est-ce que j’apporte des éléments spirituels a ma
musique?. Oui je pense et tu as raison. Mais pourquoi est-ce que cela
arrive . ça arrive parce que je suis avant tout un esprit. C’est ce que
je suis, plus que tout autre chose probablement, comme toi. Je pense que
le monde physique est moins réel que notre monde spirituel. Et la
musique aujourd’hui est une des rares choses à nous rappeler que nous
avons une arme, mais ça devient une question philosophique quand tu
l’analyses (rires) Je passe de plus forts moments à regarder notre monde
physique d’un point de vue rationnel, comprendre qu’il est là. Pas
pourquoi il est là autant que «il est là » . Je peux comprendre plus
facilement pourquoi il est là, Mais le fait que ce soit au niveau auquel
on le perçoit, j’ai beaucoup plus de mal à comprendre. Tu ne peux lui
faire confiance qu’a certaines conditions. Mais on n’a pas de preuve
qu’il est là, on ne fait qu’observer qu’il est là, on perçoit qu’il est
là, le monde physique. On ne le sait pas comme un fait, comment la
science souhaite qu’on le croit. Ça n’a jamais été prouvé qu’il était
là. Et pour moi c’est un point très central. Qu’est ce qu’il y a qui
fait qu’on le perçoive. C’est notre esprit. Et je crois, enfin, c’est ma
croyance maintenant, que les êtres réels sont spirituels. Et que l’être
physique n’est qu’un aspect de l’esprit.
Votre voix est toujours aussi exceptionnelle, la travaillez-vous
quotidiennement ? Si oui avez vous un coach vocal ?
Non. La seule chose qui m’aide, c’est Ian qui est assis ici. C’est un
guérisseur. Et je ne sais pas comment il a accès à notre système. Il
peut me « ramener »à moi par son don. Je ne sais pas comment ça marche
Je ne peux pas l’expliquer, je ne peux que l’observer et sentir ce qui
se passe. Mais je ne fais rien en particulier. Je ne surveille pas
particulièrement ma voix. En fait je la sollicite trop en tournée à cause des conditions dans lesquelles nous tournons,
la musique sur scène est très forte ; pleine de fréquences différentes
qui font que je dois considérablement pousser et je passe par des
moments difficiles sur scène. Pouvoir être totalement là tel que je suis
sans avoir à forcer ma voix, c’est très dur, un vrai exercice
d’équilibre.
Comment présenteriez vous le dernier album, Analogue, à quelqu’un qui n’a pas suivi votre carrière, ne connaît pas votre
musique, soit parce que trop jeune pour avoir connu, soit à cause des
soucis de promotions en France sur les derniers albums.
J’ai du mal à le présenter car je n’aime pas trop analyser ce que je
fais. Je ne fais que répondre a ce qui ressort de ce que nous faisons.
Je dirais a ces gens que c’est comme présenter un ami. Tu peux écouter
les présentations, ce qu’on te dit de lui et penser que tu le connais…
ou tu peux le rencontrer en personne et la différence est là.
Depuis plusieurs années, vous parliez, par presse interposée, de
sortir un nouvel album, et pourtant, depuis « Vogts villa », aucune de
vos chansons n’a été produite, en dehors du single réalisé avec votre
ami Gulli Briem «Gildas prayer ». Quand aurons-nous la chance de pouvoir
écouter vos nouvelles chansons (en dehors du futur album de a-ha bien
sur) ?
Cette collaboration était vraiment un truc d’ami. Il voulait vraiment que
je le fasse depuis des années et je ne le savais pas, et ça a pris
beaucoup de temps pour la faire car j’étais si occupé à différentes
périodes. Alors il a été très patient. Mais je ne sais pas si c’est
exactement comme ça qu’il le voulait. Il voulait que je le fasse alors
je l’ai fait et c’était bien. C’est ainsi que j’ai rencontré
Flood
pour la 1ere fois. C’était vraiment une super rencontre. Je l’ai
rencontré plusieurs fois a cette époque et il a fini par mixer notre
album. Ça a été une très bonne chose pour nous. C’est un homme si
gentil, très intéressant, une personne très calme mais intense.
J’ai un paquet de titres qui attendent d’être travaillés. Et j’étais
lancé pour faire mon album solo quand on a signé avec Universal et on a
décidé de se fixer ce défi à nous même, ce nouvel album, ce qui mène ici
aujourd’hui (rires) sinon je serai probablement en train de finir mon
album solo. Mais c’est quelque chose que je vais faire très rapidement.
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