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MH-fr : Nous
vous connaissons en tant que producteur de certains titres du
nouvel album solo de Morten Harket : "Letter from Egypt". Mais
quel est votre parcours?
Petur
: Avant tout, pour être clair sur cette production et dans un
souci d'honnêteté qui ne nous discréditerait pas, il est bon de
vous préciser que moi et mes collaborateurs Addi 800 avons
travaillé sur les touches finales sur un travail déjà accompli
par Kjetil Bjerkestrand et Morten lui même.
J'espère que ceux qui ont travaillé sur ce projet (ceux qui
savent faire la différence entre avant et après!) pensent que
nous avons contribué à faire un album meilleur qu'il ne l'était,
mais je voudrais souligner que notre rôle était simplement de
vérifier un travail déjà bien solide auparavant.
Mais
revenons à la question: Mon premier intérêt fût pour la musique.
J'ai commencé à étudier la musique vers l'âge de 10 ans, pendant
que les copains jouaient au football et sortaient.
De
classe en classe je prenais des cours de guitare classique. Pas
vraiment gratifiant socialement mais j'aimais ça, et petit à
petit jouer de la guitare est devenue une passion.
Au
final j'ai commencé à jouer en tant que professionnel et à faire
des galas dans de petites villes en Islande alors que je n'avais
que de
17 ans. Je me suis débrouillé pour rester loin de ce que ce
style de vie pouvait m'apporter (en d'autres termes la picole,
la boisson..) mais à l'âge
de 20 ans, j'en avais déjà marre de jouer de vieux titres devant
des mecs bourrés... disons-le , pour gagner une misère.
Alors
j'ai commencé à travailler sur des projets plus enfouis, je me
suis enfermé dans ma chambre et j'ai bossé sur de nouvelles
techniques et sons pour ma guitare.
Réunir
ensemble des groupes qui jouent une musique porteuse
(Funk-fusion est un exemple) mais je n'ai jamais sorti quoi que
ce soit et me suis que très rarement produit sur scène. On pourrait dire ainsi que
c'était la forme la plus brute de faire de la musique, pour la
musique elle même.
Le
succès commercial ne nous a jamais trotté dans la tête. On
jouait pour le plaisir et pour être vraiment honnête il n'y
avait pas grand monde qui aimait ce que l'on faisait...
Ensuite
je suis tombé amoureux du cinéma. Du rêve de faire des musiques
de films (que j'avais depuis mon plus jeune âge, ) vint le rêve
de réaliser moi même des films. J'avais déjà un pied
dans la photographie et dans l'écriture, et cela me semblait
logique de m'impliquer dans ce domaine par la suite, pour
assouvir ma passion.
Je suis
parti en Italie étudier dans une école de cinéma, et mis de côté
la musique. Je n'ai pas touché à un instrument de musique
pendant 7 ans, ce qui est terrifiant pour quelqu'un qui a
investi tout son temps dans sa passion.
Comme
je suis têtu, je décide d'apprendre tout l'art de faire un
film. Alors je l'ai fait.
Quand
je suis revenu en Islande, tout était basé sur le cinéma.
J'ai
monté ma propre maison de production avec un ami et nous avons
travaillé comme des dingues dessus, se focalisant sur la
direction de film publicitaires.
Mais la
musique n'était jamais bien loin. Je continuais à faire des
enregistrements en studio, à jouer dans des soirées ou
évènements avec mes amis et avec d'autres groupe moins actifs.
Puis
est venu ou j'ai décidé qu'il était temps pour moi de refaire
de la musique, après toutes ces d'années. Il fallait que j'apprenne de nouvelles choses, mettre
à l'épreuve mon expérience en tant que producteur de film et directeur,
au service de la musique et approfondir mes connaissance pour
être capable de bosser avec les meilleurs.
J'ai
vendu par la suite ma société de productions cinématographiques
et passé tout mon temps à étudier et apprendre les choses que
j'avais besoin pour approfondir mes connaissances.
J'ai
repris la musique activement avec des groupes et essayé de me
préparer au mieux à ce changement. Je voulais être
parfaitement préparé à tout, comme c'est souvent le cas chez
les têtus !
MH-fr :
MEDIALUX est
une nouvelle société de production musicale. Comment avez vous
décidé de la créer?
Petur
: L'idée est venue en 1987. Un bon ami à moi et moi, avons
investi tout notre temps à faire de la musique avec des synthé.
On jouait des heures et des heures tous les jours. Un jour on a
décidé de faire de la musique pour des publicités. Comme les
ados de 14 ans, on a fait des maquettes enregistrées sur
cassettes, et on a été harceler les maisons de productions à
Reykjavik et on s'est même débrouillés pour être bien payés la
dessus!
C'était
génial!.
Plusieurs années après, quand le moment était venu de quitter
l'industrie du film en tant que directeur, il y a eu comme une
évidence. J'ai toujours suivi mon instinct dans ce domaine. Le travail, le business
c'est bien mais ma vie était quand même faite pour que je
m'amuse un peu, tout en étant capable de payer les factures à la
fin du mois.
J'ai
donc ouvert les portes en Novembre 2007 et depuis Mars 2008 j'ai
un planning bien chargé et l'opportunité de travailler avec
Morten. De belles choses se passent et je ne vais pas m'en
plaindre. Je continuerai ce job, tant qu'il m'apportera plaisir
et challenge. Je ne suis pas novice en matière de musique mais
c'est un poste nouveau et donc très excitant.
MH-fr :
Vous êtes
guitariste. Avez vous joué pour des productions Médialux ?
Petur :
Medialux est juste un pôle production, alors on essaie
d'utiliser nos divers talents pour notre travail. Je joue de la
guitare non seulement pour moi mais aussi pour les autres au
sine de notre équipe... Mais je ne suis pas un couteau suisse
quand il s'agit de mon instrument, il y a des styles que je maîtrise
parfaitement mais quand nous avons besoin de quelques choses que
d'autres maîtrisent mieux , nous faisons simplement appel
à d'autres. C'est aussi
simple que ça.
Il faut connaît ses limites.
MH-fr :
Comment avez
vous rencontré Morten Harket et qu'est ce qui vous a motivé à
coopérer ensemble?
Petur :
Le Manager de Morten, Sigurjon Einarsson connaissait déjà Addi 800
pour avoir travaillé avec lui sur de précédents projets. Morten avait chanté sur un titre, créé par un batteur
Islandais célèbre Gulli Briem ( Earth Affair - Gilda's Prayer)
et c'est Addi 800 qui l'avait mixé. Addi a aussi mixé pour le groupe Norvégien "Girl Happy".
Donc
Sigurjon Einarsson appelle Addi et lui dit que lui et Morten
sont en train de se demander s'ils ne pourraient pas envoyer leurs
titres , pour un relooking et ils
ont donc demandé si Addi voulait mixer l'album en cours. Addi
répond Oui, mais ajouta qu'il devrait nous laisser un droit de
regard sur la production. Restaient les titres que Sigurjon
devaient nous envoyer. Je me suis calé dans le studio pendant
quelques jours avec Addi qui allait et venait, écoutait, donnait
son avis. On envoie notre proposition aux gars et quelques jours
après, ils débarquent en Islande pour collaborer avec nous.
MH-fr : Sur combien de versions de
la même chanson avez-vous travaillé jusqu'à trouver la bonne ?
PJ : C'est difficile à dire. C'est comme rajouter des touches de
peinture sur un tableau.
Tu essaies une couleur, puis tu ne l'aimes plus, tu repeints par
dessus, puis tu reviens à la première couleur ...On est plus
dans un courant de flots plutôt que dans une accumulation de
versions différentes. On prend l'habitude d'enregistrer les
différentes suggestions, des couches de trucs les unes sur les
autres. Morten les écoute et est d'accord ou pas sur telle ou
telle suggestion enregistrée.
MH-fr : Est ce que certaines versions sont très différentes
par rapport à la version finale de l'album ?
PJ : Nous avons travaillé sur davantage de chansons par rapport
au nombre réuni sur l'album.
J'avais tenté le coup sur 'The one you are', et 'Never speak
again'. Dans les 2 cas, j'ai proposé des changements plutôt
radicaux qui ne correspondaient pas à la vision qu'avait Morten
de la version finale de ces chansons. C'est un processus
totalement normal en production, quand on a vécu pendant longtemps avec
ses chansons . Morten était très ouvert pour
écouter toutes les suggestions mais il savait exactement ce
qu'il ne voulait pas. J'aime ça. A la fin de la journée, si je
peux
utiliser une métaphore, nous étions en train de construire une
maison dans laquelle Morten devrait vivre. Sa vision des choses
devait correspondre à l 'entreprise menée et c'est ce que j'ai
fait.
MH-fr : Pourriez-vous nous raconter quelques anecdotes durant
votre travail avec Morten ?
PJ : En fait, d'abord, on était curieux de savoir quelle serait
l'attitude de Morten dans le travail. Je crois que c'est
une chose qu'il nous a stressé un petit peu au début. Il nous a
fallu à peine 5 minutes pour s'apercevoir que Morten était
quelqu'un de très agréable avec qui il est très facile de
s'entendre sur un plan personnel. Disons que dans ma vie, j'ai
travaillé avec des gens qui avaient moins de talent et qui
étaient plus chiants que ça.
Nous avons passé la plupart de notre temps à Reykjavik à
approfondir notre travail, et à remplir notre emploi du temps en
Islande du mieux possible. Nous avons essayé de comprendre ce
que Morten ressentait en termes de musique, pour que nos
suggestions correspondent à sa vision personnelle de l'album.
Nous travaillions dans 2 pièces de production différentes, et
l'on passait de l'une à l'autre pour écouter ce que l'on faisait
et en discuter. Lorsqu'on faisait un break, on discutait
normalement de tout et de rien, comme tout le monde, des
enfants, des voitures et de musique.
Je ne suis pas facilement impressionné par les stars et j'ai
tendance à juger les gens par leur comportement et leur charisme
plutôt que par leur célébrité. j'ai rencontré d'autres
célébrités avec qui je n'aurai pas passé 5 minutes en privé à
moins d'y être vraiment obligé.
Travailler avec Morten a été un réel plaisir. Il a le sourire
facile et franc, il est très intelligent, et bien entendu, ça
nous flatte qu'il puisse travailler avec 2 petits poissons
islandais lorsqu'il peut avoir le choix de ses producteurs dans
le monde entier.
C'est professionnellement un extra bonus, de pouvoir travailler
dans un studio avec un chanteur qui a une voix qui nous a
tous influencé dans notre adolescence et qui est reconnu
vocalement dans le monde entier.
Au moment du process, on ne peut pas savoir exactement quel
impact aura l'album Letter From Egypt. Que ce soit un énorme
succès ou non, ça n'enlèvera pas la passion et l'engagement mis
dans ce projet. Morten et toute son équipe ont donné leur
meilleur et ont fourni tous leurs efforts possibles pour créer
un album sur mesure. Je suis très fier d'avoir joué un rôle dans
ce projet.
Petur
http://www.medialux.com/
http://donpedro.medialux.com/
http://www.facebook.com/group.php?gid=6273223366
Remerciements
à Petur Jonsson pour avoir répondu à nos questions pour
Mortenharket-fr.com
Coyprights réservés pour Mortenharket-fr.com. Autorisation
demandée pour toute traduction.
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