|
« J’ai tout jeté par la fenêtre. Personne n’a
de valeur, jusqu’à ce qu’il ait prouvé ce qu’il vaut.
J’ai tout
vu tomber. Alors, je suis allé voir si quelque chose restait debout. Et il
se trouvait qu’il restait une guitare » raconte Morten harket.
Morten est le membre qui n’a jamais composé une
chanson dans l’histoire A-HA, mais celui qui composa son album solo « Wild
Seed ». De cette manière il s’est sorti tout seul des profondeurs sombres de
l’après A-ha et ses millions gagnés avec succès.
Des hits
comme Take On Me n’ont pas rendu Morten Harket heureux, pas plus que son
statut de Popstar.
Voici
l’histoire de son retour :
« Tout est
devenu clair à un moment donné : Lors du concert au Stade Maracana de Rio en
1991. Nous avons joué devant 194.000 personnes. Un public qui a payé pour
voir spécialement A-HA. J’étais debout sur cette scène, devant toute cette
foule en face de moi. J’étais effaré de voir que tous avaient fait l’effort
de venir nous voir, avec leurs moyens. Certains avaient attendu des heures.
Tout s’est déroulé parfaitement et j’ai réalisé, là, debout face à eux
combien c’était énorme. »
« Mais je
ne me sentais pas concerné. J’ai réalisé que je n’étais pas capable de
donner à ces gens ce qu’ils attendaient. Ca m’a énervé. J’aurai pu même me
tirer une balle. Je me suis posé la question de savoir qu’est ce que je
foutais là. Tu as tout, la gloire, le succès, les titres classés dans les
charts, et tu n’es toujours pas content de toi. Mon succès m’a donné
l’impression de laisser quelqu’un de côté : Ces 194.000 personnes justement,
les gars et moi-même. Je pensais que je n’avais pas le droit de faire çà. »
Alors
Morten Harket a mis sa carrière avec le groupe A-HA sur pause. « Ces doutes
ont toujours été présents. Nous avons toujours été des stars atypiques, mais
aujourd’hui cela devient insupportable. Alors je suis rentré dans une
période de repli dans ma vie privée où le chaos était de rigueur,et dans
tous les domaines. Alors j’ai arrêté de vouloir tout garder sous contrôle,
et je suis reparti à zéro. »
« Je suis
passé par un tunnel. J’y voyais rien. Rien ne comptait jusqu’à cette période
particulière de remise en question face à tous ces gens. Il y a eu une
période où personne ne me faisait confiance car je glissais. Ce n’est qu’à
partir de 1993 que j’ai commencé à remonter la pente. Avec ma guitare, cette
guitare. Elle m’attendait. C’est un cadeau de Phil Everly du groupe Everly
Brothers. Il nous en a donné une à chacun d’entre nous en 1987. J’ai
commencé à en jouer à l’automne 1993. »
« Je
n’avais jamais écris de chanson auparavant, mis à part une exception au
début de ma carrière A-HA. « Lay me down tonight » qui figure maintenant sur
mon album solo. Les autres aimaient ce morceau, mais je ne me suis jamais
battu pour la faire figurer sur un album. Je ne suis pas un battant. Je ne
veux pas me battre pour quelque chose que je pense juste dans la musique,
c’est comme çà. Mags et Pal ont écrit une multitude de titres, c’était bien.
J’avoue que cela n’a jamais été ma responsabilité au sein du groupe, en
revanche, je signe les autographes ! »
« Les gens
pensent : »tu as tout, l’argent, la gloire et tu n’es toujours pas
satisfait ? Ce n’est pas facile à expliquer parce que c’est une vie
complètement différente. Une vie absurde dans tous les sens du terme. Tout
ce que tu découvres, rencontres est différent. Même tes plus proches amis
assis à côté de toi sont différents. Le succès, c’est une route que tu dois
prendre seul et tu rencontres uniquement des gens dans la même situation que
toi. Et au final tu te retrouves avec eux dans une bulle.
Voilà
pourquoi j’ai été bouleversé à la disparition de Kurt Cobain. Que tu fasses
partie d’un groupe de Rock comme Nirvana ou de Pop comme A-HA, la situation
est la même. Cela m’a beaucoup touché et j’avais l’impression de connaître
Kurt depuis des années. »
« C’est dur
à expliquer, et il est facile de se prendre la grosse tête, c’est le risque
à prendre, et au final, la gloire est un service rendu par le public.
Honnêtement
il faut être très diplomate, se concentrer sur soi et faire ce que l’on
attend de toi. Si tu veux savoir à quoi çà ressemble dit Elvis, Et bien
demande lui. C’est ce qui l’a tué.
Si rien
n’est structuré autour de toi, quelque chose qui te donne de l’énergie et de
la force pour faire ce que l’on te demande, il vaut mieux que tu arrêtes,
sinon tu te détruis.
Aujourd’hui
j’ai trouvé cette force : Mes propres chansons. Cet album est un nouveau
départ. Et il y a encore beaucoup à venir ».
Par Hans
Maarten Post 27/12/1995.
Traduction
du Norvégien par Sabine CLEMENT.
Traduction
de l’Anglais par Sophie TORREGROSA. |