|
LA BIOGRAPHIE DE JOSEPH BRODSKY
Poète américain d’origine russe, Joseph Brodsky
est issu d’une famille modeste et c’est avant tout un autodidacte.
Il appartient à "la génération du silence", à ces écrivains
alors interdits en URSS. Après la publication de ses poèmes dans les
années 1960, il est arrêté et condamné en 1964 à sept ans de
travaux forcés. Libéré en 1966, il est expulsé de son pays natal
en 1972. Après Vienne, il s'installe et enseigne aux Etats-Unis.
Citoyen américain en 1977, Joseph Brodsky est fait 'Doctor of Letters'
à l'Université de Yale en 1978 et devient membre de The American
Academy and Institute of Arts and Letters l'année suivante. Il reçoit
le Prix Nobel de littérature en 1987 et s'éteint en 1996.
Juif
et poète non conformiste comme l'était Evtouchenko, chien savant du
régime, il sera maudit par le régime. Il rendait en plus hommage aux
maudites Anna Akhmatova et de Marina Tsvetaeva. Il sera influencé par
Mandelstam.
Joseph Brodsky est issu
d’une famille modeste, son père était marin, et c’est avant tout
un autodidacte qui quitte l'école dés 15 ans. Fraiseur, employé à
la morgue, il entre en poésie et se fait traducteur de la poésie
anglaise et polonaise qu'il aime tant. Il se plonge aussi dans la
Bible. Il appartient à "la génération du silence", à ces
écrivains alors interdits en URSS. Après Vienne, il s'installe et
enseigne aux Etats-Unis.Il devient citoyen américain en 1977, mais
c'est de la ville de Venise dont il est amoureux fou, sans doute aussi
par nostalgie de Saint-Pétersbourg.
En 1974 un écrivain est
condamné à quatre ans de déportation pour avoir fait circuler des
poèmes de Brodsky, en 1974!
Brodsky reçoit le Prix Nobel
de littérature en 1987, à la grande colère des Soviétiques qui
feront tout pour l'en empêcher. Il ne reverra jamais ses parents qui
ne furent pas autoriser à le rejoindre.
Il était né à Léningrad en
1940, il meurt en exil le 28 janvier 1996 à New-york d'une crise
cardiaque.
A l'annonce de sa mort
beaucoup d'horloges ont cessé de battre dans les coeurs. La Néva
s'est retiré très loin, les coeurs se sont gelés de l'intérieur.
"Je suis un poète
russe, un romancier anglais, et un citoyen américain; Merveilleux mélange!"
Chacun de ceux qui l'ont connu
ont "leur" Brodsky en eux, et ce n'est jamais le même pour
chacun:
« C'est mon Brodsky,
tel que je l'ai connu et tel que je me souviens de lui, avec toutes
ses bizarreries, ses sautes d'humeur et ses complications. »
dira Dovlatov.
Et Brodsky avait un caractère
plutôt entier et complexe. Toujours en colère, à rebrousse-poil du
monde, il aimait provoquer et afficher des opinions tranchées et
anti-conformistes. Il était très arrogant et dominateur un vrai
"emmerdeur", ne voulant briller que devant les femmes. Mais
il était pétri d'exigence morale et se souciait peu de ses
innombrables ennemis. Il était tout simplement profondément
romanesque et hostile à tout compromis,avec les états, avec les
personnes. Convulsif, passionné, un pied au ras du quotidien, la tête
plus haut que les étoiles, Brodsky célèbre d'étranges noces dans
ses poèmes. Il n'était pas un poète, mais LE poète.
Son lyrisme le rapproche de
son contemporain Vladimir Holan, amis avec une écriture plus
classique. Les thèmes de l'exil, de la séparation sont prépondérants.
La puissance de sa parole est considérable, débordante. Elle aura
provoqué les dégels du monde. Sa recherche d'un souffle métaphysique
mélangé à une ironie sèche et décapante rendent sa poésie
unique.
Sa poésie est nerveuse,
tendue à se rompre, à vif, aux aguets. Virtuose de la langue russe,
il est porté par un grand souffle de l'universel, le sentiment
profond de solitude. L'espace et le temps sont immenses dans ses mots.
"Au plus loin est sa
patrie, meilleur est le poète" disait-il. La patrie était
vraiment très loin!
"En tant que poète
et penseur existentiel, Brodsky a clos, à la fin du XXe siècle, le
processus spirituel initié par les grands poètes et philosophes de
"l'âge d'Argent"de la littérature russe. Avec une totale
intrépidité, il a reconnu le tragique inhérent à l'existence même
de l'homme et réalisé dans son travail deux formules de façon
inflexible. La première, il l'a martelée lui-même, à la suite de
Pouchkine : "Le principal, c'est la grandeur du dessein." La
seconde, il l'a empruntée à Shakespeare : "L'esprit de décision
est tout ! "
Ce mélange de passion et de
charnel, de mots d'esprit avec des envolées spirituelles, de ciel et
de boue, font de Brodsky le grand poète baroque de son temps.
« La poésie est ce
qui se perd dans la traduction » a dit Brodsky, mais lui-même
fut un traducteur passionné. |