POETENES  EVANGELIUM

Merci à Valérie (alias Tarzan) pour ses traduction depuis le norvégien

 

NUIT
(natten)
La nuit ce soir est sacrée
Il va se passer quelque chose
Qui viendra du ciel
Ce ne sera pas seulement de la neige

La nuit ce soir est sacrée
Quelque chose va mourir ce soir
Ceux qui craignent et sont liés
Faisant germer un ciel de glace
La route est brillante et glissante

La nuit ce soir est sacrée
Quelqu’un va naître ce soir
Notre planète sombre et froide
N’est pas complètement désolée

Quelque chose de ses sœurs lumineuses
Va venir ce soir

* * *

 

HYMNE A JOSEPH
(Hymne til Josef)

La jeune Marie se rendait un jour
Dans la ville de Bethléem
Raconte la vieille légende
Qui est toujours renouvelée

Il n’y avait pas de place à l’auberge
Mais l’étable était saine et chaude
Ainsi elle donna naissance à son premier fils
Supportée par le bras de Joseph

Les astres et les sages.
Les bergers et le chœur des anges.
A quoi pensait le sombre Joseph
Qui ne disait jamais un mot ?

Eclairé par un éclat du ciel
Ces deux sacrés brillaient
A quoi pensait le sombre Joseph
Qui était juste fidèle et bon ?

Peut être a-t-il enroulé son manteau
Un peu plus autour de l’enfant et la mère
Comme cela il a sauvé silencieusement le rêve de l’humanité
Le Joseph sacré de la terre.

* * *

 

SALOME
(Salome)
Douze ans Il avait, lorsqu’il se tenait au temple
Douze ans avait Jochanaan, lorsqu’il est parti du temple
Pour le désert et a appelé celui qui se tenait au temple
Au moment où il était tourné vers l’intérieur et noir

Douze ans avais tu Salomé, lorsque tu dansais
Et que ton nom a été avalé par le prophète,
Au moment où la musique s’est arrêtée –
Et que l’homme t’a emmenée vers l’éternité
(Et la reine a demandé aux invités de frapper dans leurs mains)

Oui, t’a emmenée comme si tu étais une (poussière)
Qui était attachée sur son manteau baptiste
Une paille qui était attachée à ses cheveux !

Ainsi tu devins presque celle avec le nom baptiste
Pendant que le nom de l’autre fille du roi disparaissait.

* * *

 

Elisabeth chante la mort du baptiste Jean
(Elisabeth synger ved Johannes doperens død)

J’étais prête pour le calme et la vieillesse
Lorsque le Seigneur m’a donné un fruit à porter :
Un fils, qui pouvait le servir ici bas
Arriva nouveau né au moment où tout était tranquille à la maison
Ils te déposèrent en mon sein, t’enveloppèrent de vêtements,
Tu as grandi. N’étais jamais méchant ni vilain.
Tu ne ressemblais pas aux autres enfants, je pouvais le voir-
Ah hélas – je désirais tant que tu sois comme eux !
Alors tu es parti pour porter ta forte flamme –
Tu as baptisé, puni, attiré l’intérêt, alors la terre
Etait prête pour un homme, qui devait venir…
Il vint. Tu es mort. C’était désigné ainsi.
Tu étais un éternel étranger ici sur terre :
Un enfant des étoiles, oui. Et j’étais ta mère.

* * *

 

Du temple
(Fra templet)

Je rêvais c’était dans ma douzième année
Alors que les étoiles arrêtaient de crier
La demi lune était cachée derrière un nuage rayé
Et les étoiles chantaient autour de chaque bonhomme de neige
Personne n’ose citer la couleur du sang
Ton chien ne doit pas aboyer
A l’abattoir où les vaches donnent
Du lait vide dans un rayon de lune

J’ai rêvé, c’était dans ma douzième année
Lorsque je revenais du temple
Père ou mère était effrayé de ce qu’il y avait
Et me demandait d’où je venais

J’ai rêvé, je répondais : de personne
A partir de maintenant je suis étranger et gentil
Et me tenais sous l’aile de l’ombre
De tout ce qui n’est pas à présent.

* * *

 

Où se trouvait la mangeoire
(hvor krybben stod)

A Nazareth
Ils douteront toujours
Ils attendent ton retour
De l’exil

A Nazareth
Une tête plus courte
A Nazareth
Ils ne te croient pas

A Nazareth
Le plafond est le plus bas
A Nazareth
Ils douteront toujours

Devant la ville
Tes chaussures attendent
Va t-en là-bas

A Nazareth
Ils ne te croient pas
A Nazareth
Ils douteront toujours

* * *

 

Le cavalier
(Rytteren)

En chemin à Jérusalem
Il sent le souffle de la mort
Où les yeux clairs, où lentement
Le haut ne rejoint pas le bas
Et toujours il saigne de ses blessures
Cinq soleils pour toi Jérusalem
Et pour tes fils perdus

* * *¨

 

La trahison
(Sviket)

Mais Judas détourne souvent la tête
Des Frères, il baisse souvent les yeux.
Un acte irréalisé l’attend quelque part
Et remplit son cœur d’une peur obscure

Le destin aveugle frappe de son nom
A chaque fois la couronne d’épine honteuse

Bientôt ses pieds vont entamer une danse aérienne
Et son corps sera offert aux vautours et aux corbeaux

Bientôt cela se passera. Déterminé par l’éternité
Est l’ordre du Maître : fais le vite
Et ainsi – Jeudi soir sacré- il s’en va
A la place déshonorable du salut de la trahison

* * *

 

Pâques
(Påske)

Voici ce que j’ai fabriqué de nouveau
Qui n’avait jamais été inventé avant : une couronne d’épines
Moi, qui réside à Jérusalem
- dans la rue du vannier il y a ma maison
Un homme silencieux avec un atelier, femme et enfants ;
Je connais bien le travail que je fais,
Et je n’ai jamais fait une telle couronne auparavant.

Je découpe quelques tiges dans un rosier,
Sept tiges fines, flexibles et longues,
Sept tiges de rosiers tendres, c’était suffisant.
Sur ces tiges il y avait tellement,
Tellement de jeunes roses de cette année.

J’ai posé tout le reste dans un gobelet,
- les rouges sombres et les vertes humides-
Ainsi elles sentaient bon pour le plaisir de la maison,
Et ont brûlé lentement comme le feu.

Mais personne ici dans mon atelier ne peut imaginer,
Comment ils vont utiliser une telle couronne.

* * *

 

L’étranger
(den fremmede)

Je suivais deux personnes qui allaient
Dans le chagrin à Emmaüs ;
J’ai vu, que tout ce en quoi ils croyaient était en ruine,
Et ils faisaient comme si je voulais prendre congé

Mais la lumière déclinait et le jour s’achevait,
Dans la région autour d’Emmaüs ;
Ils ont vu que j’étais étranger dans chaque maison
Et m’ont demandé : Voyageur, reste chez nous ce soir.

Je suis resté avec eux et écoutai alors qu’ils étaient assis
Et parlaient d’un frère
Que Dieu a laissé mourir seul et abandonné

Alors je me suis levé, inquiet de ces mots,
Seul je suis parti de la nuit de cette ville
Et me suis donné aux animaux, et à la foi, et à la terre.

* * *

 

L’étranger raconte à l’humanité
(Den fremmede taler til mennesket)

Je m’habillais en toi comme dans une robe
De terre bleu nuit et de douces pensées de crépuscule
Lorsque j’étais accroché aux grossières planches en bois
Dans ton corps à la place du crâne

Je poussais ici bas comme un arbre sous-marin,
Comme des œufs de poisson et du lait offerts par les bancs de truites,
Et des œufs bleu clair dans le nid du pinson de la couronne.

Chaque oiseau qui mourrait de froid dans les nuits glaciales,
Je leur redonnais la vie dans les forêts de l’esprit,
Et une place pour nicher dans le réseau du système musculaire.

Tel la porte du royaume des cieux dans l’éclat des sens,
Des champs de neige aux rosettes de la planète,
Le royaume de la terre est à nouveau né ici.

* * *

 

L’ange
(Engelen)
Si il est mort ?
Son sang et son corps
Sont vin et pain.

Et le vin et le pain
Vous transforment
En sang et corps

Son sang et son corps
Sont le sel de la terre.
Il est en tout.

Il est en tout,
La moindre petite particule,
Comme l’âme de la terre.

Comme l’âme de la terre
Il est parti
Dans le corps de la terre.
 

* * *